le GREO, groupe de recherches sur l'évolution de l'orientation scolaire et professionnelle

Le Groupe de recherches sur l'évolution de l'orientation scolaire et professionnelle . GREO

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Le 14 Mars 2016

Francis DANVERS :

Histoire et actualité de l'orientation: genèse d'un parcours personnel et professionnel

Le 11 Janvier 2016

Assemblée Générale du GREO.

Pierre ROCHE : 20 ans de GREO, essai de bilan.

Le 23 Novembre 2015

Serge BLANCHARD : Josette ZARKA : l'Analyse de pratiques d'entretien de conseil de COP dans le cadre d'une conception systémique et paradoxale

Le 16 mars 2015

Pierre Roche : Cinq femmes centenaires et d'influence dans le mouvement d'OP : R. Benoit-Lévi, C.Chauffard, H.Gratiot-Alphandéry, D.Guyot, D. Cholot-Josslow. Salle H.Piéron/20.Voir le POWERPOINT

Le 28 mai 2014, nous avons fêté le 100ème Anniversaire de Madame Denise SIMONNET-GUYOTVoir le Powerpoint * 1ère partie

* 2ème partie

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Notre collègue et ami Robert Solazzi, fondateur et président d’honneur de l’association lyonnaise Trouver-Créer est décédé le 23 octobre.
Depuis une dizaine d’années il suivait régulièrement les activités de notre association et à deux reprises il avait pris part à nos travaux. La première fois, le 26 janvier 1998, il était intervenu lors de notre séminaire au sujet de Vie, œuvre et conceptions de Geneviève Latreille dans le champ de l’orientation, et plus récemment, le 19 mai 2014, à distance et grâce aux moyens techniques mis en œuvre par notre ami Rémi Guerrier, il nous a parlé de sa ville de Lyon de L’orientation tout au long de la vie…frein ou accélérateur du développement des territoires ? Parcours d’un conseiller d’orientation de la promotion INETOP 1952-1954.
Le titre de cet exposé reprend celui d’un texte d’une quinzaine de pages qu’il avait envoyé à la Lettre aux retraités de l’ACOP F et qu’il m’avait communiqué en janvier 2013. J’avais été très intéressé et avais décidé de modifier le calendrier des exposés de notre séminaire pour pouvoir l’entendre et je lui avais demandé des précisions sur son parcours. Un dialogue s’en est suivi jusqu’en mai 2014. C’est ensuite Francine Grosbras pour le GREO et Claudine Roux-Gelberger pour Trouver/Créer qui vont préparer, dans un dialogue exigeant, jusqu’en juin 2015, une journée d’étude commune de nos deux associations sur l’histoire de l’éducation à l’orientation et Trouver/Créer et réaliser un projet que nous avions depuis 2010. Malheureusement et malgré nos efforts pour conserver notre approche historique nous ne sommes pas parvenus à nous accorder sur un objectif commun.
Aujourd’hui, je crois qu’il faut essayer d’utiliser le texte de 2013 et nos échanges pour présenter un certain nombre d’éléments du parcours de Robert Solazzi pour faire comprendre son rôle, ses raisons, et revenir sur certains épisodes sans prétendre composer une biographie raisonnée qui reste à rédiger.
Ainsi qu’il l’écrit en déclinant son identité, il est né de « Parents italiens, père anarchiste, réfugié politique, électromécanicien ; mère catholique pratiquante […] tous deux originaires d’une petite ville d’Italie, berceau européen du papier depuis le treizième siècle : Fabriano. » en 1927. Il grandit dans le quartier populaire de Belleville-Ménilmontant et poursuit des études réussies jusqu’en classe de Mathématiques Supérieures au lycée Louis-le-Grand. Il développe alors une forme atypique de poliomyélite et les médecins lui donnent deux années à vivre. Durant les années suivantes il arrive à tenir le coup grâce au scoutisme, au théâtre, au chant choral et surtout à l’animation des jeunes du quartier.
Il découvre la profession de conseiller d’OP et contre l’avis de ses jeunes amis, il décide de suivre la formation de l’INETOP de 1952 à 1954.
Jeune marié, il quitte Paris avec sa femme et va travailler à l’Office d’OP de Saint-Brieuc. Il dit avoir découvert « un travail aux antipodes de mes rêves : tout se passait comme si la Psychologie avait été bureaucratisée [et déconnectée] des problèmes réels des jeunes ». On pratquait les « tests à la chaîne ».
Heureusement, le Directeur de l’Office d’Angers voulait créer un Office à Cholet et il cherchait quelqu’un pour créer les services d’OP dans « cette région rurale [au]fort développement industriel ». Il devient le directeur de l’Office facultatif d’OP de Cholet et le restera jusqu’en 1970.
Durant cette période, qu’il dit être « les quinze plus belles années de ma vie professionnelle » il se forme à la psychosociologie et la dynamique de groupes et découvre les travaux de Carl Rogers et ceux d’Alexandre Lhotellier et développe « les dimensions éducative, sociale et politique » de son métier. Mais le Centre étant devenu public il quitte la région et devient directeur du centre d’Application de l’Institut de formation de conseiller d’orientation à l’Institut de Psychologie de l’Université de Lyon II et le restera de 1970 à 1992. Il retrouve Geneviève Latreille qui venait de créer à Lyon le Centre de Formation, qu’il connaissait pour avoir avec elle vendu Témoignage Chrétien sur les marchés.….
Sur ce point important de l’histoire du mouvement d’orientation suivons R.Solazzi qui écrit : « G.LATREILLE, en 1975, invita à Lyon, pour faire un cours complet pendant un mois, un de ses collègues qu’elle avait connu à QUEBEC, à l’Université LAVAL : Denis PELLETIER. Avec deux autres collègues, ils venaient de mettre au point une nouvelle approche de l’orientation qu’ils appelaient ADVP (Activation du Développement Vocationnel et Personnel.) A partir de cette rencontre, se développa dans plusieurs pays d’Europe, un courant nouveau dit de l’orientation éducative, de l’éducation à l’orientation ou de l’éducation des choix …Des contacts réguliers s’établirent avec le Québec, en particulier avec Gilles NOISEUX et Raymonde BUJOLD ; ils me permirent d’approfondir la dimension psychopédagogique de l’orientation. »
L’étape suivante sera celle de la création de Trouver/Créer.
« En 1987, […], un collectif comprenant des enseignants et des praticiens de l’orientation venant d’institutions diverses, décidèrent de se mettre en Association, pour sauvegarder les innovations et approfondir les relations entre une approche psychopédagogique et une approche socioéconomique de l’orientation. Elle prit le nom de Trouver/Créer, fixa son siège à l’Institut de Psychologie et les collègues me chargèrent de la présidence… »
La suite est connue et chacun peut suivre dans les publications de l’association les réflexions et l’action des animateurs de Trouver/Créer.
Le 1er février 2013 il m’écrivait qu’il était devenu « le pestiféré de l’éducation des choix ».
Pour le comprendre il faut revenir sur une histoire récente, celle de l’éducation à l’orientation et rappeler certains épisodes oubliés ou méconnus.
Au début des années 1990, quand dans certaines Régions, Rhône-Alpes et Ile-de-France, les exécutifs régionaux proposent aux professeurs principaux une méthodologie reposant sur l’Education des choix. Une réunion à la région avec l’INETOP, de Trouver/Créer et des associations liées à UIMM, prévoyant de mettre en place l’éducation des choix avec des animateurs T/C dans les collèges. Aussi le SNES va-t-il s’inquiéter du fait que le ministère préconise d’instaurer «  l’éducation des choix » comme une véritable discipline avec évaluation et certaines propositions de l’UIMM allant encore plus loin et proposant des «  soutenances de projet ».
En 1994, le 5 décembre, quand l’association Trouver/Créer adresse la lettre ouverte suivante à Catherine Remermier, principale responsable de l’orientation au SNES :
« Vous avez mis directement en cause la méthodologie « EDUCATION DES CHOIX », (dont notre association est co-auteur avec des conseillers d’orientation psychologues et des enseignants). Selon vous cette méthodologie porterait une part de responsabilité dans les difficultés que rencontrent les professionnels de l’orientation dans l’Education Nationale. Vous ajoutez dans l’article paru dans l’US n° 348 du 27 octobre 1994, intitulé « Point de rupture » : « Tout semble mis en œuvre pour contourner l’action des conseillers d’orientation psychologues, pour organiser de la « fabrication de projets à grande échelle », privilégiant ainsi une production codifiée et en série, là où il faudrait du « sur mesure «. […] l’ « Education des Choix » ne fabrique pas des « projets en séries » (et cela nous est alors reproché), mais fournit un « cadre », au sens psychologique du terme, permettant à l’élève d’acquérir une méthode de construction de ses projets très personnels faisant de lui, enfin, un véritable acteur de son orientation. » Le Comité directeur de TROUVER/CREER. »
Enfin les expertises concordantes de 1995 et 1999.
Selon la première, la méthode encourage » les projets de type C.A.P. – B.E.P. chez les jeunes de milieu socio-économique plus défavorisé. […] Comme pour les projets d’études, l’E.D.C. apparaît favoriser l’émergence de projets relativement modestes (réalistes ?).  »
Quelques années après Michel Huteaule confirme : « l’éducation à l’orientation ne contribue pas, c’est le moins que l’on puisse dire, à la démocratisation de l’orientation, ce qui est pourtant un de ses objectifs parfois affichés. […] Certes, on peut considérer qu’il n’est pas très convenable de réduire par des manipulations les aspirations des jeunes afin d’éviter des orientations franchement autoritaires et génératrices de conflit, ou, en d’autres termes, de camoufler les processus de sélection, non seulement en parlant d’orientation, mais en plus en essayant de faire en sorte que les sujets acceptent « librement » ce qui leur est en fait imposé. Mais d’un autre côté il y a aussi l’exigence d’un minimum de réalisme, l’organisation du système de formation et son mode de fonctionnement étant ce qu’ils sont, il est souvent préférable de réussir dans une voie relativement peu prestigieuse plutôt que d’échouer dans une voie qui l’est davantage… »
Chacun devra se faire son opinion et si j’ai procédé à ce rappel d’une vie et de ses moments forts c’est pour essayer de dépasser des opinions parfois peu fondées.

Pierre Roche
7 novembre 2016

 

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